Mon retour à la faculté en temps de Covid-19

Article : Mon retour à la faculté en temps de Covid-19
17 juin 2020

Mon retour à la faculté en temps de Covid-19

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséquences de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


Au Niger, les établissements scolaires ont fermé leurs portes pendant plus de deux mois sur toute l’étendue du territoire à cause de la pandémie de coronavirus. Entre le 19 mars et le 3 juin, je ne suis pas allé en cours. Cette période, déjà anxiogène sur le plan sanitaire, a plongé les étudiants dans le doute et le désespoir. Il faut dire que la situation académique était déjà morose car avant l’arrivée du Covid-19, nous avons connu une grève de deux mois, portée par le Syndicat national des enseignants chercheurs du supérieur (Snecs). Les enseignants des universités ont réclamé une amélioration de leurs conditions de travail. C’est dans ce contexte tendu et difficile que j’ai passé à peu près quatre mois sans avoir cours.

Le retour à la maison

Le Niger a très rapidement pris des mesures de restriction pour lutter contre la propagation du coronavirus. Les écoles ont fermé le jour-même de l’apparition du premier cas positif de Covid-19 (le 19 mars 2020).

Quand j’ai appris la nouvelle à la télévision nationale, j’étais à Tahoua, à plus de 600 km de ma famille, car j’étudie à la Faculté de Droit, d’Economie et de Gestion (FADEG). Le gouvernement a d’abord annoncé une suspension des cours de deux semaines. Aussitôt, j’ai acheté mon billet de bus pour rentrer à Niamey, je voulais retrouver mes proches et me sentir plus en sécurité. D’autant plus qu’on ne savait pas combien de temps cette maladie allait nous empêcher d’aller en cours ! C’est ainsi que je suis rentré à la maison, tout en espérant revenir rapidement à la faculté. Ce fut hélas très long, j’ai passé deux mois à la maison !


Chômage technique

L’arrivée de la pandémie du coronavirus a bouleversé la vie de beaucoup de Nigériens, tant au niveau de l’activité professionnelle que sur le plan personnel. Le gouvernement a pris certaines mesures de restriction en vue de prévenir la pandémie dont, notamment, le couvre-feu, la fermeture des espaces publics, etc… Je me suis senti privé de liberté, frustré de ne pas pouvoir sortir quand je voulais et où je voulais.

Après l’arrêt des cours, je me suis donc retrouvé au chômage technique et j’ai occupé mes journées entre la maison, la télé, les repas et les amis… Rires ! Pour être franc, je passais quand même la majeure partie de mes journées à regarder la télévision. Je ne rate jamais mes émissions préférées ! D’abord, celle de Nev et Max, Catfish fausse identité, une émission de télé-réalité de MTV, et aussi Les enquêtes impossibles de Pierre Bellemare sur RTL9.

Bon, je vous rassure, j’ai quand même fait autre chose que regarder la télé… Pendant cette période, j’ai découvert le télétravail. Je fais partie de plusieurs associations de jeunesse et le confinement partiel nous a obligé à travailler en ligne, ce que je n’avais jamais fait. J’ai donc participé à des réunions par visioconférence pour faire le point sur la situation d’une association et surtout nous avons essayé d’agir à notre niveau pour lutter contre le Covid-19. On a par exemple proposé des formations en ligne pour sensibiliser au coronavirus. C’était aussi l’occasion pour moi de me former de façon autodidacte sur la gestion de la crise du Covid-19. J’ai par exemple participé à des formations en ligne sur les médias sociaux.

Visioconférence sur zoom


La reprise des cours

Le gouvernement nigérien a annoncé la réouverture des établissements scolaires le 1er juin dernier, en vue de “sauver l’année académique”, a-t-il déclaré. Après plus de quatre mois sans cours (entre la grève et la pandémie du Covid-19), j’ai pu reprendre le chemin de la faculté, sourire aux lèvres.

En salle de cours

En arrivant en cours, j’ai tout de suite senti le climat de méfiance de certains étudiants vis-à-vis de la maladie. Même moi, j’étais méfiant, car on sait que la maladie n’a pas disparu. Mais je me suis surtout senti soulagé car j’espère terminer cette année avec brio.

Les autorités du pays ont édicté un certain nombre de mesures barrières pour accompagner cette rentrée scolaire:

  • Aération des salles de classes et amphithéâtres pendant les cours ;
  • Le port du masque recommandé pour tous les élèves et étudiants ;
  • Port obligatoire du masque par tous les enseignants de tous les établissements ;
  • Désinfection des classes et amphithéâtres après les cours ;
  • Désinfection des cantines, toilettes et des lieux de contact ;
  • Mise à disposition des élèves de kits d’hygiène, de masques, de savon ou gel hydro alcoolique et de matériel pour le lavage des mains

Dans mon université, il y a bien eu une distribution de masques, et des dispositifs de lavage des mains ont été installés devant les salle de cours. Mais honnêtement, la distanciation sociale et le port du masque peinent à être respectés. De mon point de vue, la vie scolaire n’a pas changé, nous avons cours comme avant l’arrivée de la maladie. 

Coronavirus ? On en parle souvent entre camarades et on en a fait une une expression qui revient sans cesse en langue zarma : « wa hagoy dah Covid-19 » qui signifie : « Méfiez-vous du Covid-19 ».

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