Le regard de mes amis étudiants sur le Covid-19 au Niger

Article : Le regard de mes amis étudiants sur le Covid-19 au Niger
21 juin 2020

Le regard de mes amis étudiants sur le Covid-19 au Niger

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséquences de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


Pour comprendre comment l’épidémie de coronavirus a bouleversé le quotidien des jeunes et nos relations sociales, j’ai interrogé deux amis étudiants, Salmou et Illiassou.
Ils nous livrent leur regard sur le Covid-19 au Niger.

À Zinder, Salmou Moussa Mohamed, 26 ans

« Le coronavirus, c’est cette maladie qui a mis le monde entier sur pause. Elle dicte ses lois, elle n’épargne personne, que tu sois riche ou pauvre, blanc ou noir, jeune ou vieux, elle met tout le monde sur le même pied d’égalité. »

Par ces quelques mots, mon amie Salmou Moussa Mohamed, 26 ans, définit la crise sanitaire mondiale actuelle. Elle est étudiante et blogueuse. Au moment où le Covid-19 est arrivé au Niger, elle a dû quitter Niamey pour rejoindre le domicile familial à Zinder, deuxième ville du pays et ville la plus touchée par la pandémie.

Salmou sur les bancs de la faculté

« J’ai quitté Niamey au moment où le confinement partiel a été annoncé, la situation n’y était pas encore aussi dégradée qu’aujourd’hui. La capitale du pays est l’épicentre de l’épidémie au Niger. Je dois dire que l’arrivée du coronavirus m’a permis de retrouver ma famille, d’être près de mes frères et sœurs.”

La première chose que la jeune Salmou a remarqué, m’a-t-elle confié, c’est que les mesures préventives ont changé la vie des gens dans son quartier. Elle en a fait les frais puisqu’elle fait du bénévolat dans un organe de la place spécialisé dans le développement communautaire. Beaucoup d’activités associatives ont dû s’arrêter le temps du confinement partiel, à son grand regret.

« Il n’y avait pas plus d’activités, je n’arrivais pas à faire ce pourquoi je me lève chaque matin, c’est-à-dire me battre pour apporter un plus à la communauté. Et puis, on était éloigné des nos amies, c’était difficile car c’est important pour moi de recevoir de l’amour et de la joie de la part de mes camarades. Cette période était assez frustrante. »

Salmou est inquiète d’une deuxième vague de Covid-19 car ces derniers jours, Niamey a enregistré de nouveaux cas.

« On a fait beaucoup de sacrifices durant ces deux mois. Entre la fermeture des lieux de cultes et des écoles, le bouleversement de nos petites économies… C’est vraiment terrifiant. On souhaite que les choses puisses revenir à la normale. »

Elle lance un appel aux jeunes africains pour ensemble vaincre la maladie:

« La seule arme pour lutter contre le coronavirus, c’est la prévention. Nous ne ne devons pas relâcher nos efforts, ni céder à la panique. Il faut s’armer de courage, poursuivre les actions de mobiliser qui existent déjà comme les gestes barrières et continuer la sensibilisation autour de nous. Avec l’aide de Dieu, on arrivera à vaincre la maladie. »

À Niamey, Illiassou Moussa Noma, 24 ans

« Le point positif de cette crise c’est qu’elle a généré une certaine solidarité. On a vu un élan international en faveur des pays comme le Niger. Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est la chaîne de solidarité que j’ai vu se mettre en place autour de moi. Les familles se rendaient visite et se soutenaient moralement. On a vu une vraie cohésion sociale émerger.”

Moussa Noma Illiassou est étudiant et il réside à Niamey. Pour lui, comme pour beaucoup de jeunes nigériens, la pandémie du Covid-19 a bouleversé sa vie d’un point de vue social, économique et sanitaire.

Selfie d’Illiassou

Mon ami est étudiant juriste et il réside à Niamey. Pour lui, comme pour beaucoup de jeunes nigériens, la pandémie du Covid-19 a bouleversé sa vie d’un point de vue social, économique et sanitaire.

“D’un autre côté, il y a eu des répercussions négatives, comme les mesures restrictives prises par les autorités. Je me suis retrouvé à la maison sans rien pouvoir faire comme activité génératrice de revenue, sans pouvoir à aller à la mosquée prier, sans pouvoir rendre visite à mes proches. J’ai conscience que ces mesures ont permis d’empêcher la propagation de la maladie, mais c’était une période difficile à vivre. »

Mon ami Illiassou s’intéresse également à l’envergure mondiale de la crise du coronavirus. 

« La crise du Covid-19, à l’instar d’autres crises sanitaires comme Ebola ou la grippe espagnole sont à prendre au sérieux et elles m’inquiètent. Les grandes puissances comme la Grande-Bretagne, la Chine, la France, les États-Unis ont eu du mal à gérer cette crise. Ce qui pose la question d’un éventuel réaménagement du système sanitaire au niveau mondial. L’Afrique n’a jusque-là pas été aussi touchée qu’on l’annonçait mais les conséquences économiques sont déjà désastreuses. »

Pour lui, les jeunes ont évidemment un rôle important dans le dénouement de cette crise:

« Nous devons continuer de sensibiliser autour de nous sur les mesures préventives déjà entreprises par beaucoup d’associations de jeunes à Niamey. Je pense aussi que l’État et les organismes internationaux doivent justement financer les structures de jeunesses pour qu’ensemble nous puissions éradiquer la maladie. »

Une chose est sûre, c’est que le Sahel peut compter sur sa jeunesse, bien décidée à prendre son avenir en main. Au Niger, 70% de la population a moins de 25 ans et des projets plein la tête. Plusieurs jeunes ne se laissent pas abattre et se mobilisent. Déjà, des artistes s’engagent dans la lutte contre la pandémie, quand d’autres jeunes fabriquent et distribuent gratuitement des gels hydroalcooliques. La sensibilisation des communautés doit être « la clé de la lutte » contre le Covid-19.

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Commentaires

Traore Amos Joel Yohane
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Bravo Latif et vive la jeunesse engagée nigérienne. Soyons solidaire pour venir à bout du covid-19