Ces jeunes qui s’engagent dans la lutte contre le coronavirus au Niger

Article : Ces jeunes qui s’engagent dans la lutte contre le coronavirus au Niger
9 juillet 2020

Ces jeunes qui s’engagent dans la lutte contre le coronavirus au Niger

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséque⁸nces de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


Au Niger, pays enclavé au coeur de la bande sahélo-saharienne, la population se caractérise par sa jeunesse, dont l’âge médian est de 15 ans. Si le coronavirus a, pour le moment, plutôt épargné les jeunes sur le plan médical, la jeunesse est forcément impliquée dans cette crise sanitaire. Que ces jeunes soient observateurs, acteurs, ou bien même victimes. Dans ce billet commun, la Mondoblogueuse Nyalla et moi-même avons voulu mettre en lumière deux jeunes nigériens qui s’illustrent par les actions concrètes qu’ils mènent face à la pandémie de Covid-19. Nous vous proposons de rencontrer Kadiatou Abdoulaye Idani à Niamey, où vit Nyalla, et Boubacar Siddo Daouda à Tahoua, où je suis installé.

À Niamey, Kadiatou Abdoulaye Idani

C’est la présidente de l’Association des Jeunes Filles Nigériennes pour la Santé de la Reproduction (AJFSR). Je peux vous dire que Kadiatou n’est pas restée les bras croisés quand la crise sanitaire a éclaté. Lorsque l’Etat a mis en place des mesures préventives le 17 mars dernier, elle a eu comme un sursaut :

« Au début, on pouvait penser que c’était exagéré, mais l’évolution de la pandémie nous a montré que les mesures prises par le gouvernement sont aussi nécessaires qu’indispensables pour la protection de toute la population. C’est une maladie dont le seul remède reste la prévention, donc aucune mesure n’est de trop. »

@ Kadiatou Abdoulaye Idani

Elle s’est alors portée volontaire pour agir dans ce sens.  

« J’ai mené plusieurs actions de sensibilisation auprès des jeunes des cinq arrondissements  de la ville de Niamey pour leur rappeler notre responsabilité en tant que futurs leaders. Je pense que c’est important de collaborer avec les autorités dans la lutte contre le Covid-19 au Niger. Quand les affrontements ont éclaté à Niamey à cause du couvre-feu au mois d’avril, nous sommes allés sur le terrain avec le Conseil National de la jeunesse pour expliquer aux jeunes la nécessité de respecter les mesures de prévention pour le bien-être de tous. On leur a aussi conseillé d’éviter les affrontements et de collaborer avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) pour sécuriser la ville. »

Kadiatou s’est encore plus impliquée dans la prévention contre la propagation du coronavirus lorsque l’UNICEF a mis à la disposition du Ministère de la Santé publique un projet piloté par l’organisation ComDev. Elle connaît bien cette organisation pour en faire déjà partie, le but est de venir en appui au Comité de Riposte Covid-19 dans la gestion de la pandémie.

« Je gère le chatbot WhatsApp. C’est un service gratuit conçu pour répondre aux inquiétudes de la population sur le coronavirus. On fournit des informations rapides, fiables et officielles 24h sur 24 pour lutter contre la désinformation et les rumeurs. Et on répond à toutes les questions en lien avec le Covid-19 tout en orientant les utilisateurs vers des sites sur lesquels ils peuvent suivre régulièrement les informations sur la pandémie. »

Vous pouvez enregistrer le numéro dans vos contacts téléphoniques +227 80 06 60 30 et démarrer une conversation ou poser une question.

Pour la jeune volontaire, la plupart des problèmes qu’elle constate sur le terrain viennent des incompréhensions de la population. Certains citoyens lient le coronavirus à la politique car l’Etat a pris des mesures préventives avant même l’apparition du premier cas de coronavirus. Du coup, certains ont pensé qu’il s’agissait d’une stratégie de la majorité politique pour récolter des fonds auprès de bailleurs et détourner cet argent au lieu de l’investir dans la bonne gestion de la pandémie. 

« Le résultat est positif puisque la situation est sous contrôle. Dieu merci la catastrophe que certains ont prédit n’est pas arrivée. Je pense que c’est aussi parce qu’il y a eu un travail acharné des équipes sur le terrain. »

Quand on lui demande quel rôle les jeunes peuvent tenir dans cette crise sanitaire, la jeune leader répond sans sourciller qu’elle se sent actrice du changement. Pour elle, la jeunesse doit être au devant du combat pour vaincre la pandémie car les jeunes sont les citoyens de demain. L’avenir se construit maintenant. 

« Nous ne sommes pas uniquement le futur, nous sommes aussi le présent. Si nous réclamons des places dans les différents secteurs du développement, il nous faut prouver que nous pouvons tenir face aux problèmes que traverse le pays. »

Beaucoup de jeunes ont perdu gros depuis le mois de mars où le coronavirus a pointé son nez au Niger. Certains ont perdu des projets, des investissements, comme par exemple dans le secteur de la restauration. Malgré tout ce désordre, une chose est sûre pour Kadiatou, le coronavirus n’a pas eu qu’un impact négatif. 

« Le Covid-19 a aussi eu des répercussions positives sur les jeunes qui ont rapidement su développer une grande force de résilience. Ils se sont adaptés à la vie en temps de coronavirus. Je crois que les jeunes ont cette capacité à se battre pour un développement durable avec les moyens du bord. Les jeunes sont une force remarquable. »

À Tahoua, Boubacar Siddo Daouda

À Tahoua, la jeunesse n’est pas restée en marge de la lutte contre la propagation du coronavirus. Beaucoup de jeunes se sont portés volontaires pour mener des actions de sensibilisation. Gestionnaire de formation, Boubacar Siddo Daouda, fait partie de ces jeunes gens qui se sont illustrés à travers leurs actions dans la lutte contre la pandémie. Il est Jeune Volontaire de la ville et président de la Jeune Chambre Internationale de Tahoua, une organisation de jeunes citoyens engagés à créer un impact dans leurs communautés. Leur slogan: “Les citoyens actifs sont des personnes investies dans l’avenir de notre monde.”

Selon Boubacar, le coronavirus a installé une psychose généralisée au sein de la population depuis son arrivée au Niger. Et l’une des conséquences directes, c’est le ralentissement voire l’arrêt total des activités dans certaines organisations. Depuis la levée progressive des mesures préventives, on on se dirige tout de même vers une reprise progressive des activités.

@ Boubacar Siddo Daouda

Et du côté des jeunes alors ?
« L’impact négatif de la pandémie et de ses conséquences pour les jeunes, c’est d’abord la perte de leur emploi pour certains, quand d’autres se sont retrouvés en chômage technique. Les études étaient aussi suspendues et les jeunes entrepreneurs ont vu leur chiffre d’affaires chuter sans rien pouvoir faire. Je ne parle même pas des porteurs de projets pour lesquels tout s’est arrêté. Cependant, on peut retenir qu’il y a aussi eu un impact positif car certains jeunes actifs ont mis leur temps mort à profit pour développer leurs compétences en suivant des formations en ligne par exemple. »

Cette période a été difficile pour toute la population, mais pour Boubacar ces mesures préventives mises en place par le gouvernement étaient nécessaires pour protéger la population. « Les gestes barrières contribuent à limiter la propagation du virus. Ces mesures jouent un rôle capital dans la limitation de la propagation du Covid-19. »

L’équipe des jeunes volontaires de Tahoua
@ Boubacar Siddo Daouda

En tant que jeune volontaire sur toutes les questions de développement et d’émancipation de la jeunesse, Boubacar Siddo Daouda a mené plusieurs actions concrètes dans la lutte contre le Covid-19.

« Avec la Jeune Chambre Internationale (JCI) de Tahoua, nous avons pu mettre en place une campagne de sensibilisation à travers des vidéos, des affiches, des formations en ligne pour donner des informations à la population locale sur le Covid-19 et sur la nécessité de mettre en pratique les gestes barrières. Avec l’Association des Scouts du Niger et l’appui de l’UNICEF, nous avons pu mener des campagnes de sensibilisation, distribuer des dispositifs de lavage des mains, ainsi que des masques dans les mosquées, dans les écoles et auprès des chefs de quartier. Nous avons mis en place des comités de veille dans chaque quartier, je suis d’ailleurs le chef d’équipe de mon quartier, je reste actif pour alerter sur d’éventuels cas suspects. Grâce à cette action, nous avons touché plus de 600 ménages dans la ville de Tahoua ! »

Vidéo de sensibilisation en langue peule sur le Covid-19 © Boubacar Siddo Daouda
“Pour notre propre santé, appliquons scrupuleusement les mesures prises par le gouvernement pour se protéger contre le coronavirus.”

Pour finir, Boubacar lance un appel à toute la jeunesse du Niger à se mobiliser davantage pour amener hors de nos frontières la maladie du Covid-19.

« Le rôle de la jeunesse est primordial dans la lutte contre le coronavirus, les jeunes sont en première ligne car ils constituent la majeure partie de la population nigérienne. La jeunesse, c’est l’avenir du pays donc elle doit s’engager ! Chaque jeune a le devoir moral de mener des actions concrètes aussi minimes soient-elles afin de créer un lendemain meilleur pour les générations à venir. »


Dans ce billet, nous avons voulu souligner l’engagement des jeunes au Niger, et montrer que chacun peut mettre la main à la pâte dans son domaine d’expertise. Nous, jeunes citoyens, nous pouvons tous apporter une pierre à l’édifice pour éradiquer le coronavirus. Le combat contre le Covid-19 n’est pas encore terminé, la jeunesse doit rester vigilante. Ensemble, nous sommes plus forts ! 

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